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« pour une action publique ancrée dans les réalités locales »
 

  

Objectifs et But du Cadre d'Etude

Le problème

Il est de plus en plus reconnu que dans les pays d’Afrique à faible revenu la manière dont le pouvoir est exercé doit changer, si l’on veut faire avancer en termes de développement et de progrès social, et réduire la pauvreté généralisée. Ce point de vue est corroboré par une convergence des analyses générales des systèmes politiques africains, qui soulignent toutes l’importance des rapports informels de pouvoir et du clientélisme. De telles analyses montrent que les formes actuelles d’exercice du pouvoir ont des conséquences qui bloquent le développement. C’est un point de départ essentiel, mais son utilité est limitée lorsqu’il s’agit d’identifier des solutions en matière de politiques publiques.

Notre connaissance des formes que pourrait prendre une gouvernance plus orientée vers le développement reste très insuffisante, d’une part parce que les normes actuelles de la bonne gouvernance ne prennent en compte ni les contextes ni l’histoire des pays africains; d’autre part, parce que la recherche est restée cantonnée à des analyses trop générales. Les chercheurs n’ont pas étudié de façon systématique les diverses configurations clientélistes et les résultats variables qu’elles peuvent produire à des moments et dans des lieux différents. Par conséquent, nous ne savons pas quelles formes de gouvernance « réelle », au niveau national ou local, sont « malgré tout satisfaisantes », en ce qu’elles permettent de résoudre certains problèmes critiques du développement et de créer des changements positifs

Hypothèse

De telles connaissances seraient pourtant essentielles, dans la mesure où les Etats et les sociétés en développement ont, historiquement, toujours émergé par étapes à partir de systèmes fondés sur le clientélisme, en tirant leur force de leur ancrage dans des traditions locales bien enracinées, et dans des représentations collectives. Si l’on considère l’expérience africaine, les rapports de pouvoir et leurs effets varient grandement selon les lieux, les périodes et les sphères institutionnelles. Nous partons de l’hypothèse qu’il est possible d’introduire des réformes de gouvernance qui soient ancrées dans la réalité des sociétés africaines, de façon à atténuer les conséquences les plus négatives des pratiques actuelles tout en mobilisant les capacités de résolution collective des problèmes qui, sinon, restent largement ignorées. Le programme Pouvoir et politique en Afrique mène une étude systématique de ces questions, qui est selon nous inédite.

Les fondements empiriques

Un aspect particulier de ce programme est qu’il est centré sur le pouvoir et la politique en Afrique. L’analyse comparative de nombreuses expériences au niveau international nous a aidé à construire notre problématique, et nous entendons continuer à nous appuyer sur des expériences non africaines, en particulier d’Asie, d’Amérique latine et du Pacifique. Toutefois, les données d’expérience non africaines sont peu pertinentes lorsqu’il s’agit de tracer des voies menant vers l’institutionnalisation politique en Afrique, car elles aboutissent généralement à des listes d’éléments « manquants » au lieu de suggérer comment s’appuyer sur les ressources institutionnelles que possèdent déjà les sociétés africaines. Nous avons donc décidé de procéder principalement sur la base d’une analyse comparative des pays africains. Des études de terrain et des enquêtes intensives seront menées dans un échantillon de pays d’Afrique sub-saharienne en vue de couvrir un éventail d’expériences passées et présentes. La recherche sera conçue de façon à permettre de distinguer les modes de gouvernance qui fournissent certaines solutions aux problèmes des plus pauvres ou qui éliminent lcertains obstacles au développement, et ceux qui n’y parviennent pas. Les modalités de conception de la recherche furent adoptées à la fin d’une phase préparatoire de douze mois, destinée à identifier les expériences les plus adaptées à la recherche et à concevoir de manière rigoureuses les variations pertinentes. Les conclusions de la phase préparatoire sont synthétisées dans ce site.

Quels sont les résultats escomptés ?

Le but de ce programme de cinq ans est de produire les résultats suivants :

  • Des conclusions d’ordre général sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, à partir d’une typologie des variables institutionnelles et leur analyse comparative.
  • Des conclusions sur les implications de ces résultats pour les cadres de pensée des organismes internationaux (la bonne gouvernance, les Objectifs du Millénaire pour le développement, le NEPAD et le Mécanisme d’évaluation intra-africaine, la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, etc.).
  • Des conclusions sur la signification d’une telle recherche pour l’avenir du leadership et la politique sur le continent à partir de cinq ans de débats documentés avec des intellectuels et acteurs-clés en Afrique

 

National initiative for Civic Education, Karonga, Malawi 
Vikki Chambers
National initative for Civic Education, Karonga, Malawi

Documents à télécharger

download PDF APPP Working Paper 10, Local governance and public goods in Niger, Jean-Pierre Olivier de Sardan, July 2010 Eng en savoir plus
download PDF APPP Working Paper 12, Developmental patrimonialism? The case of Malawi by Cammack, Kelsall with Booth, Jul 2010 Eng en savoir plus
download PDF APPP Working paper 10, Gouvernance locale et biens publics au Niger, par Jean-Pierre Olivier de Sardan, Juillet 2010 Fr en savoir plus
download PDF APPP Working Paper 11, Local Governance and public goods in Malawi by Diana Cammack and Edge Kanyongolo, July 2010 Eng en savoir plus

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