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« pour une action publique ancrée dans les réalités locales »
 

Architecture du programme

 

Cette page explique le point de départ, les caracteristiques principaux et les résultats attendus du processus de recherche qui ont été finalisé en Septembre 2008.

  

Point de départ: la question de recherche

 

Nos discussions de recherche se sont articulées autour des éléments suivants :

  • Les faibles performances des politiques de développement en Afrique ont été entre autres imputées, de façon convaincante, à la nature du politique et de l’État. Mais de quelle sorte de problème s’agit-il en réalité, et quelle en est la solution ?
  • L’analyse habituelle des bailleurs de fonds rejette la responsabilité sur une ‘mauvaise gouvernance’, et les analyses traditionnelles en sciences politiques renvoient au caractère néo-patrimonial (hybride) des États Africains.
  • Cependant, les processus historiques de développement national – aussi bien en Europe qu’en Asie – n’ont jamais eu comme préalable l’accomplissement de la ‘bonne gouvernance’. De même, les États néo-patrimoniaux n’ont pas eu besoin d’être totalement modernisés avant de pouvoir atteindre une croissance économique et d’entamer la réduction de la pauvreté.
  • S’il y a une norme historique, elle est en relation avec une évolution progressive qui s’est effectuée par étapes, des États feudaux ou patrimoniaux (ou communistes, comme la Chine et le Vietnam) vers un développement plus efficace.
  • Malgré le fait que les configurations varient énormément et qu’il n’y a pas de modèles, les États en voie de modernisation ont fait preuve d’une utilisation considérable d’institutions antérieures, dont certaines se sont avérées être fonctionnelles pour le développement.
  • De nos jours, les orthodoxies internationales sur les réformes institutionnelles du développement sont ouvertes à la critique selon laquelle « si les politiques et les institutions que les pays riches recommandent aux pays pauvres ne sont pas celles qu’ils ont eux-mêmes utilisées quant ils étaient en cours de développement, nous pouvons conclure que les pays riches essaient ‘de retirer l’échelle qui leur a permis de grimper au niveau où ils en sont.’ » (Chang)
Cela nous conduit à suggérer les questions suivantes sur les expériences africaines du développement actuel et passé :
  • Pouvons-nous identifier des configurations institutionnelles hybrides qui se sont avérées fonctionnelles dans la promotion du développement – par exemple, parce qu’elles ont pu fournir des moyens de surmonter la sous-production de « biens publics » essentiels ? Pouvons-nous distinguer ces configurations par rapport aux aspects du néo-patrimonalisme qui se sont avérés eux-mêmes irrémédiablement anti-développementalistes ?
  • Est-ce que les préceptes universels de bonne gouvernance auraient empêché de travailler à des réformes qui seraient ancrées dans la réalité des sociétés africaines ?
  • Quelles institutions politiques et économiques favorisaient le développement en Afrique par le passé ? Si cela n’est plus le cas actuellement, pourquoi auraient-elles disparu ?
  • Peut-on s’inspirer d’une connaissance systématique des institutions politiques informelles (de facto) – ‘de la façon dont les choses fonctionnent vraiment’ – afin d’émettre des suggestions pratiques pour leur amélioration ? Autrement dit, peut-on élaborer des généralisations à partir d’une recherche comparative pouvant indiquer de nouvelles orientations pour les politiques publiques, à la fois globales et nationales ?
  • En résumé, peut-on découvrir des institutions politiques qui fournissent non seulement une ‘assez bonne gouvernance’ (Grindle), mais aussi une approche de la gouvernance susceptible de promouvoir le développement qui seraient propre à l’Afrique ?

En savoir plus sur la base d’évidences

 

Comme indiqué dans la page des Objectifs du programme, un aspect particulier de ce programme est qu’il est centré sur le pouvoir et le politique en Afrique. Nous avons décidé de procéder principalement sur la base d’une analyse comparative des pays africains, et non pas par une revue globale des expériences en matière de développement. Ce point central présente potentiellement des limites. Afin d’obtenir un corpus de données suffisamment riche qui inclurait aussi bien des expériences de succès que  d’échec, et tant d’exemples de créativité institutionnelle que de dépendance vis-à-vis de modèles de développement préexistants, nous glanerons des expériences actuelles et passées, et travaillerons avec des unités d’analyse variées au niveau national et local (secteurs, sous-secteurs, communautés, etc.), où des variations pertinentes semblent être présentes, ainsi qu’entre pays. Même si notre objectif final est de dessiner les contours d’un ‘État développementaliste Africain’, il nous semble sensé de procéder à un travail empirique aux niveaux régional et local.  

  

Conception de la problématique de recherche

 

Même avec cette approche, trouver suffisamment de variabilité institutionnelle au niveau des effets développementaux (mesurés, par exemple, par la délivrance adéquate de biens publics essentiels) est un défi. C’est aussi pour cette raison que nous avons consacré une année complete à l’architecture de base de la recherche. Durant cette phase, nous avons commencé à développer des concepts et des hypothèses par rapport à la question suivante : comment les institutions politiques et les modes d’exercice du pouvoir ont un impact sur le développement ? Nous avons toutefois évité de clôturer prématurément les discussions sur ces questions avant qu’une typologie d’expériences pertinentes et viables soit établie. Nous attendons du programme que l’approfondissement conceptuel et l’élaboration des hypothèses se fassent au fur et à mesure que la recherche empirique progresse.  Nous souhaitons développer une architecture de recherche efficacement intégrée, à travers laquelle les diverses composantes du projet soient également bien coordonnées. Cela semble être une des pré-conditions de la recherche pour acquérir les qualités systématiques nécessaires à l’élaboration de théories et de recommandations politiques utilisables. Dans ce sens, nous nous engageons à poursuivre un processus de recherche itératif et activement géré, au sein duquel les thèmes d’enquête proposés par chaque partenaire du consortium sont soumis à une réflexion collective en vue d’opérationnaliser aux mieux les questions de recherche globales du programme. Notre réflexion collective a été alimentée par trois types de contributions :

  • Commissioned think-pieces : Des états des lieux de la littérature existante, africaniste ou générale, afin d’identifier une typologie des variations pertinentes – autrement dit, les différences dans les structures de pouvoir et les combinaisons institutionnelles formelles / informelles qui semblent expliquer les différences dans les résultats de développement dans des contextes généralement comparables.
  • Brainstorming sessions : Des réunions de brainstorming au sein de l’équipe de recherche, afin de rassembler les connaissances des membres partenaires du consortium en matière d’une variabilité pertinente, le niveau auquel cette variabilité a été et pourrait être examinée ainsi que l’engagement et les capacités des partenaires à mener ces études.
  • Entretiens exploratoires / focus groups/ colloques avec des individus clés minutieusement identifiés dans des pays Africains sélectionnés, avec l’objectif multiple de : a) trouver le langage approprié pour expliquer et promouvoir nos questions de recherche ; b) ‘explorer’ des sujets de recherches viables, et c) commencer à établir un réseau avec des intellectuels et des réformateurs influents qui partageraient notre intérêt.

Des versions révisées de plusieurs de nos rapports sont publiées dans la série des Discussion Papers du programme (voir Publications).  D'autres sont également en cours. 

  

Concepts et methodes

 

Nos discussions sur les questions méthodologiques et théoriques sont loin d’être clôturées et continueront avec l’approfondissement de nos réflexions sur les thèmes et les sites des enquêtes empiriques (voir les Programmes de Recherche). Cependant, les approches analytiques que le programme élaborera incluent :

  • La « path-dependency » institutionnelle dans les pays Africains ainsi que ses limites, élaborée à partir d’une analyse méticuleuse des tournants cruciaux.
  • Les modes formels et informels (global, néo-traditionnel, etc.) de redevabilité, de capacité d’engagement et de légitimité ; leurs conflits et interactions ; ainsi que leurs effets différents et communs sur le développement.
  • Comment conceptualiser le mélange de relations et normes informelles et formelles, caractéristique des institutions hybrides, par rapport aux différences observables en termes de développement.
  • Les formes ‘‘d’enchâssement’ des bureaucraties et des politiques publiques  dans les sociétés qui renforcent ou affaiblissent leur performance / efficacité d’un point de vue développementaliste.
  • L’ordre historique de la démocratie et d’autres dimensions de la formation d’État, ainsi que les effets de la compétition partisane sur le clientélisme.
  • Les ‘problèmes d’action collective’ typiques à différents niveaux, et la recherche de solutions institutionnelles qui seraient réalisables au sein de communautés de sens spécifiques.
  • Les opportunités qui s’offrent pour que des leaders novateurs puissent modifier les modèles institutionnels, ou réorienter la ‘corruption’, et les contraintes typiques de telles actions.
  • Des formes nouvelles ou émergeantes d’interaction entre le capital (particulièrement les entreprises sortis de l’Afrique du Sud), les institutions économiques et les systèmes politiques.
  • Les effets sur de tous les points ci-dessus de l’aide pour le développement, le retrait des aides, les nouveaux bailleurs de fonds et le choix des modalités de l’aide.
Concernant les questions méthodologiques, nous menons une discussion continuelle sur les points suivants:
  • Les moyens d’entreprendre des études de cas, actuelles et historiques, qui permettraient une comparaison, une agrégation des résultats de recherche et des développements théoriques ;
  • Les avantages et les inconvénients des diverses approches de l’inférence causale, afin d’effectuer un rapprochement entre des études de cas singulières et des analyses multivariées comportant de larges ensembles de données.
  • La pertinence des différentes manières d’opérationnaliser la phrase “institutions that work for the poor” ou « pour une action publique ancrée dans les réalités locales » à partir de l’examen des résultats associés à des différents arrangements institutionnels.
Les ‘Discussion Papers’ sur ces sujets sont publiés dans les séries de programme.

 

Local council offices, northern Tanzania 
Tim Kelsall February 2009
Local council offices, northern Tanzania

Documents à télécharger

download PDF APPP Working Paper 13, Towards a theory of local governance and public goods' provision in sub-Saharan Africa, David Booth, Aug 2010 Eng en savoir plus
download PDF APPP Working Paper 10, Local governance and public goods in Niger, Jean-Pierre Olivier de Sardan, July 2010 Eng en savoir plus
download PDF APPP Working Paper 12, Developmental patrimonialism? The case of Malawi by Cammack, Kelsall with Booth, Jul 2010 Eng en savoir plus
download PDF APPP Working paper 10, Gouvernance locale et biens publics au Niger, par Jean-Pierre Olivier de Sardan, Juillet 2010 Fr en savoir plus

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